Mounjaro et perte de poids: avis
Tirzepatide: mécanisme d’action du médicament
Mounjaro (tirzepatide) est un médicament injectable de la société Eli Lilly qui active simultanément deux récepteurs d’hormones intestinales : le GIP (polypéptide insulinotrope dépendant du glucose) et le GLP-1 (peptide-1 similaire au glucagon). C’est précisément cette double activation qui le distingue du sémaglutide (Wegovy/Ozempic), qui n’agit que sur le GLP-1.
Les deux hormones, le GIP et le GLP-1, sont produites dans l’intestin après les repas et se lient à des récepteurs dans le pancréas et le cerveau. Le GLP-1 ralentit la vidange gastrique, réduit l’appétit et stimule la sécrétion d’insuline. Le GIP complète cet effet en renforçant la sensation de satiété par le biais de ses propres voies réceptrices dans le système nerveux central. Dans les modèles précliniques, la double activation des récepteurs GIP et GLP-1 a entraîné une perte de poids plus importante que la stimulation de chaque récepteur séparément.
Le médicament est administré par voie sous-cutanée une fois par semaine, dans la région de l’abdomen, de la cuisse ou de l’épaule. La posologie est augmentée progressivement: on commence par 2,5 mg, puis on augmente toutes les 4 semaines jusqu’à la dose cible de 5, 10 ou 15 mg. La période d’augmentation dure 20 semaines.
Caractéristiques clés du tirzépate:
- classe: double agoniste des récepteurs GIP/GLP-1
- mode d’administration: injection sous-cutanée, une fois par semaine
- dosages: 2,5 mg, 5 mg, 7,5 mg, 10 mg, 12,5 mg, 15 mg
- forme pharmaceutique: stylo prérempli KwikPen
- fabricant: Eli Lilly and Company
À qui convient Mounjaro ?
Mounjaro n’est pas destiné aux personnes qui souhaitent perdre 3 à 5 kg avant leurs vacances. Il s’agit d’un médicament sur ordonnance destiné aux patients souffrant d’obésité cliniquement significative.
Critères de prescription approuvés par l’EMA :
- IMC ≥ 30 kg/m² (obésité)
- IMC ≥ 27 kg/m² en présence d’au moins une affection liée au poids : hypertension, dyslipidémie, apnée du sommeil, maladies cardiovasculaires, prédiabète, diabète de type 2
Le traitement est toujours complété par un régime hypocalorique et une activité physique régulière. Le tirzépate n’est pas une injection magique. Il agit en association avec un changement de mode de vie.

Résultats des essais cliniques SURMOUNT-1
Les participants à l’étude SURMOUNT-1 qui ont reçu 15 mg de tirzépate ont perdu en moyenne 20,9 % de leur poids initial en 72 semaines, ce qui constitue l’un des meilleurs résultats parmi les traitements pharmacologiques de l’obésité. L’étude a été publiée dans The New England Journal of Medicine.
SURMOUNT-1 est un essai randomisé en double aveugle contrôlé par placebo de phase 3, qui a inclus 2 539 adultes ayant un IMC ≥ 30 kg/m² ou ≥ 27 kg/m² et présentant au moins une complication liée au poids (hypertension, dyslipidémie, apnée du sommeil). Les participants atteints de diabète de type 2 n’ont pas été inclus. Le poids initial moyen était de 104,8 kg, l’IMC moyen de 38,0.
Données pour chaque dose (perte de poids moyenne sur 72 semaines) :
- 5 mg: -15,0 % (perte de 15 kg)
- 10 mg: -19,5 % (perte de 19,5 kg)
- 15 mg: -20,9 % (perte de 20,9 kg)
- placebo: -3,1 %

Pourcentage de participants ayant perdu 5 % ou plus de leur poids : 85 % (5 mg), 89 % (10 mg), 91 % (15 mg) contre 35 % pour le placebo. Mais ce qui est particulièrement impressionnant, c’est que 57 % des participants du groupe 15 mg ont perdu 20 % ou plus de leur poids initial. Dans le groupe placebo, seuls 3 % ont obtenu ce résultat.
Il convient de noter séparément la composition de la masse perdue. Le tirzepatide a permis une réduction trois fois plus importante du tissu adipeux que du tissu musculaire: 33,9 % du poids perdu était constitué de graisse et 10,9 % de masse maigre. C’est important. De nombreux régimes et médicaments détruisent les muscles au même titre que la graisse.
Avis réels des patients : à quoi s’attendre dans la pratique
Sur la plateforme Drugs.com, Mounjaro obtient une note moyenne de 8,5 sur 10 sur la base de 1 688 avis. 78 % des utilisateurs évaluent leur expérience de manière positive. 6 % l’évaluent de manière négative. Les autres ont une opinion neutre. C’est un score élevé pour un médicament sur ordonnance, mais les chiffres cachent une réalité contrastée.
Les avis positifs reprennent les mêmes thèmes. Femme de 49 ans: a commencé avec un poids de 85,7 kg, après 6 mois – 60,3 kg, perte totale de 25,4 kg. Effets secondaires – fatigue, maux de tête, sensation de froid, tout a disparu au bout de deux mois. Elle note séparément une baisse du taux de triglycérides et de la pression artérielle.
Un autre avis indique que la personne prenait Mounjaro depuis plusieurs semaines, avait perdu environ 20 livres (≈9 kg) et constatait une diminution de son appétit sans effets secondaires significatifs. Elle souligne que le médicament l’a aidée à contrôler sa faim et à améliorer son comportement alimentaire, ce qui s’est traduit par une perte de poids durable.
Certains commentaires font état d’une perte de poids modérée ou limitée à faibles doses (2,5 mg, 5 mg, 7,5 mg) et mentionnent des changements minimes du poids corporel, en particulier au cours des premiers mois du traitement. Par exemple, un utilisateur prenant 2,5 mg a noté une perte d’environ 4 livres au cours des deux premières semaines sans effets secondaires graves, mais n’indique pas de progrès supplémentaires à des doses plus élevées. Cela souligne que la réponse individuelle au médicament peut varier et que tous les patients ne perdent pas nécessairement beaucoup de poids.
Qu’est-ce qui caractérise les cas de réussite ? Trois facteurs. Une augmentation progressive de la dose : ne pas se précipiter pour passer au niveau supérieur tant que le niveau actuel fonctionne. Travailler en parallèle avec un nutritionniste : le médicament réduit l’appétit, mais n’apprend pas à manger correctement. Et avoir des attentes réalistes : ce n’est pas le chemin vers le «poids idéal en un mois», mais un long parcours.
Comparaison avec le sémaglutide : résultats de l’étude SURMOUNT-5
Le tirzépate entraîne une perte de poids nettement plus importante que le sémaglutide. Une comparaison directe dans l’étude SURMOUNT-5 a montré une différence de 6,5 points de pourcentage entre les deux médicaments après 72 semaines de traitement.
SURMOUNT-5 est la première étude randomisée « face à face » entre le tirzepatide et le semaglutide chez des adultes obèses sans diabète. 751 participants ont été répartis selon un rapport 1:1 pour recevoir la dose maximale tolérée de tirzepatide (10 ou 15 mg) ou de semaglutide (1,7 ou 2,4 mg). Les résultats ont été publiés dans le NEJM.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- perte de poids moyenne: tirzepatide -20,2 %, semaglutide -13,7 %
- perte de poids absolue: tirzepatide -22,8 kg, semaglutide -15,0 kg
- réduction du tour de taille: tirzepatide -18,4 cm, semaglutide -13,0 cm
- pourcentage de patients ayant perdu ≥15 % de leur poids: tirzepatide 64 %, semaglutide – inférieur
- pourcentage de patients ayant perdu ≥30 % de leur poids: tirzepatide 19,7 %, semaglutide 6,9 %
Dans l’analyse par sous-groupes, les femmes ont montré une perte de poids plus importante que les hommes.
Les effets secondaires gastro-intestinaux ayant entraîné l’arrêt du traitement ont été plus fréquents dans le groupe semaglutide (5,6 %) que dans le groupe tirzepatide (2,7 %). Les effets indésirables graves sont survenus à une fréquence similaire.
Effets secondaires et profil de sécurité
Les symptômes gastro-intestinaux constituent la principale source d’inconfort lors de la prise de tirzepatide. Les nausées, la diarrhée, les vomissements et la constipation touchent plus de 10 % des patients. La bonne nouvelle, c’est que ces symptômes sont principalement légers ou modérés et surviennent pendant la période d’augmentation de la dose.
Effets indésirables graves à prendre en compte :
- pancréatite – complication rare mais documentée ; en cas de douleurs abdominales intenses, le traitement doit être interrompu
- hypoglycémie – le risque augmente en cas de prise simultanée d’insuline ou de sulfonylurée
- tumeurs de la glande thyroïde – dans les études précliniques sur des rongeurs, le tirzépate a provoqué des tumeurs C-cellulaires de la glande thyroïde ; chez l’homme, le lien n’est pas prouvé, mais le médicament est contre-indiqué en cas d’antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde
- lithiase biliaire – une perte de poids rapide augmente le risque de formation de calculs dans la vésicule biliaire ; cela est caractéristique de toute méthode de perte de poids intensive, et pas seulement du tirzépate
- Réactions allergiques – rares
Le tirzépate est contre-indiqué en cas de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (MEN 2), d’antécédents de cancer médullaire de la thyroïde, d’intolérance individuelle. La sécurité pendant la grossesse n’a pas été établie.
Conclusion objective: ce qu’il faut savoir
Le tirzepatide (Mounjaro) est le premier agoniste double GIP/GLP-1 approuvé pour le traitement de l’obésité dans l’UE. Les données cliniques confirment une perte de poids de 15 à 22,5 % en 72 semaines, une supériorité par rapport au sémaglutide en comparaison directe et un maintien stable du résultat pendant trois ans.
Le médicament n’est pas exempt d’effets secondaires. Les nausées, la diarrhée et les vomissements touchent une proportion importante de patients, en particulier au cours des premiers mois. Son coût est élevé. L’arrêt du traitement entraîne une reprise de poids. Les effets cardiovasculaires à long terme du tirzépate chez les patients obèses sans diabète n’ont pas encore été établis. L’étude SURPASS-CVOT évalue la sécurité cardiovasculaire du médicament chez les patients atteints de diabète de type 2, et les données sur la population sans diabète sont encore attendues.
Le tirzépate est un outil puissant. Ce n’est pas une panacée. Il s’inscrit dans le cadre d’une approche systémique de l’obésité, qui associe diététicien, activité physique, soutien psychologique et suivi médical régulier. Sans ces fondements, aucun médicament ne peut résoudre le problème.